La pêche aux petits poissons des chenaux, activité hivernale emblématique de Ste-Anne-de-la-Pérade, est une tradition qui puise ses racines dans l’histoire locale et le mode de vie des riverains de la Mauricie 

Ce loisir, devenu au fil des décennies une véritable attraction provinciale, possède une origine fascinante et témoigne de l’ingéniosité des communautés qui ont su tirer profit des ressources offertes par leur environnement naturel. 

Tout commence au début du XXe siècle, alors que la rivière Sainte-Anne, gelée durant les mois les plus froids de l’année, révèle un phénomène surprenant. En 1938, une abondance remarquable de poulamon atlantique, aussi connu sous le nom de « petits poissons des chenaux« , attire l’attention des pêcheurs locaux. Le poulamon, un petit poisson argenté vivant en bancs denses, migre dans les eaux de la rivière à la recherche d’un habitat propice à la reproduction. Cette migration hivernale devient rapidement un événement observé avec curiosité par les habitants, qui commencent alors à exploiter cette opportunité. 

Face à ce nouveau trésor, les pêcheurs improvisent des abris rudimentaires sur la glace, formant ainsi les premières « cabanes à pêche« . L’objectif premier était simple : nourrir les familles durant l’hiver, une période traditionnellement difficile pour la subsistance. L’équipement utilisé était modeste : lignes à main, petits appâts, et beaucoup de patience. Peu à peu, l’activité gagne en popularité et s’organise.  Les cabanes se multiplient et la rivière se transforme en un village éphémère où la convivialité est reine. 

La pêche aux petits poissons des chenaux évolue alors, passant d’une nécessité vitale à une fête communautaire festive.  

Curieux et passionnés affluent de partout au Québec pour prendre part à cette expérience unique. Aujourd’hui, Ste-Anne-de-la-Pérade accueille chaque année des milliers de visiteurs venus découvrir cet héritage, entre traditions et innovations, où le savoir-faire local se transmet de génération en génération. Loin d’être un simple loisir, cette pêche demeure une source de fierté régionale, symbole de l’identité et de la solidarité des gens de la Mauricie.